Composantes de l’évaluation du phénotype de fragilité de Fried appliquées aux patients gériatriques hospitalisés

J. Bieniek, K. Wilczyński and J. Szewieczek

Clin Interv Aging. 2016;11:453-9

La prise en charge des patients gériatriques serait simplifiée si une définition universellement admise de la fragilité était fixée pour un usage clinique. Parmi les définitions de la fragilité, les critères du phénotype de fragilité de Fried constituent un cadre de référence commun à de nombreuses études gériatriques. Cependant, ce cadre de référence a été principalement testé chez des patients âgés présentant un état de santé relativement satisfaisant.

Le but de cet article était de déterminer l’utilité et les limites des critères du phénotype de fragilité de Fried chez les patients gériatriques hospitalisés, présentant des comorbidités et des déficiences fonctionnelles, et d’estimer la prévalence du phénotype de fragilité dans ce groupe.

Cinq cents patients successifs du service de gériatrie subaiguë de l’hôpital universitaire, âgés de 79,0 ans ± 8,4 ans (67 % de femmes et 33 % d’hommes), ont participé à cette étude transversale. Une évaluation gériatrique globale et une évaluation des composantes du phénotype de fragilité de Fried ont été effectuées chez tous les patients.

Notre groupe d’étude s’est caractérisé par une multimorbidité (6,0 maladies ± 2,8 maladies), avec une large palette d’affections cliniques et d’états fonctionnels (scores pour l’indice de Barthel des activités de la vie quotidienne de 72,2 ± 28,2 et au mini examen de l’état mental de 23,6 ± 7,1). Les cinq composantes de fragilité de Fried ont été évaluées chez 65 % des patients (intervalle de confiance [IC] de 95 % = 60,8-69,2) (groupe diagnostic). Une composante au moins n’a pas pu être évaluée chez 35 % des patients restants (groupe non diagnostic) en raison de l’absence de contrôle antérieur de la masse corporelle du patient et/ou d’une déficience cognitive ou physique. Les patients issus du groupe non diagnostic, comparés aux patients du groupe diagnostic, étaient plus âgés, présentaient une prévalence de démence plus élevée, une prévalence d’hypertension moins élevée, une tension artérielle systolique et diastolique plus basse, un indice de masse corporelle réduite et des scores moins élevés au mini examen de l’état mental et pour l’indice de Barthel des activités de la vie quotidienne. En dépit les limites de diagnostic, nous avons observé ≥ 3 critères positifs (et donc un diagnostic de fragilité) chez 54,2 % des patients du groupe à l’étude (IC de 95 % = 49,8-58,6), avec une prévalence située entre 31,7 % chez les sexagénaires et 67,6 % chez les nonagénaires.

Commentaire: Les critères du phénotype de fragilité de Fried semblent être utiles à l’évaluation des patients gériatriques hospitalisés, en dépit des limites de diagnostic. Une prévalence élevée de la fragilité parmi les patients gériatriques hospitalisés laisse supposer que l’évaluation de la fragilité devrait être intégrée à l’évaluation gériatrique globale.