L’échelle de fragilité clinique permet de prévoir le déclin fonctionnel et la mortalité lorsqu’elle est utilisée par un personnel médical junior : étude prospective de cohorte

K.J. Gregorevic, R.E. Hubbard, W.K. Lim, B. Katz

BMC Geriatr. 2016;16(1):117

La fragilité accrue est associée au risque de mortalité et de déclin fonctionnel chez les personnes âgées hospitalisées, mais il n’existe pas de consensus sur la meilleure méthode de dépistage à l’usage des médecins non gériatres. L’objectif de cette étude est de déterminer si l’échelle de fragilité clinique (EFC) peut être utilisée dans l’identification du statut de fragilité initial d’un patient dans le cadre de soins généraux aigus lorsqu’elle est utilisée par du personnel médical junior à partir des informations obtenues lors de l’évaluation clinique de routine.

Il s’agit d’une étude prospective de cohorte menée dans un service médical de soins généraux aigus. Tous les patients âgés de plus de 65 ans ou plus admis dans un service médical de soins généraux entre août et septembre 2013 étaient éligibles pour participer à l’étude. Le score EFS initial a été consigné par un membre de l’équipe médicale en charge du traitement. Les données démographiques et les résultats ont été obtenus à partir des dossiers médicaux. Les résultats primaires ont été le déclin fonctionnel et le décès dans les trois mois.

La fragilité a été évaluée chez 95 % des 179 patients éligibles. 45 % des patients ont présenté un déclin fonctionnel et 11 % sont décédés dans les trois mois. 40 % des patients ont été qualifiés de patients vulnérables / atteints de fragilité légère et 41 % de patients atteints de fragilité modérée à sévère. En excluant les patients en établissement de soins, la fragilité accrue a été associée au déclin fonctionnel (p = 0,011). La fragilité accrue a été associée à une mortalité accrue dans les trois mois (p = 0,012).

Commentaire: Cette étude démontre la faisabilité de l’utilisation de l’échelle de fragilité clinique dans le cadre de soins généraux aigus. L’EFC coïncide avec un nombre élevé de décès et de cas de déclin fonctionnel. Il s’agit de la première étude à la connaissance des auteurs au cours de laquelle aucune formation n’a été dispensée aux médecins juniors sur le fonctionnement de l’EFC dans un contexte réel. Cette étude démontre également que cette échelle est très bien acceptée par le personnel médical puisqu’elle a été associée à un taux de réponse de 95 %. Cet outil a été renseigné à l’aide des informations obtenues lors des évaluations de routine réalisées au moment de l’admission. La charge travail supplémentaire pour le personnel médical junior a donc été minime. L’association de l’acceptabilité et de l’orientation pronostique appuie le rôle de l’EFC en tant qu’outil d’identification des patients les plus indiqués pour une évaluation gériatrique globale